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| Schizophrénie = folie? En savoir plus |
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à l'importance des «mots-fenêtres»... |
| Les 16 et 17 mai 2000 a eu lieu le
Congrès du GRAAP au Casino de Montbenon, Lausanne, avec le programme ci-dessous. Les actes de ce congrès seront publiés en fin d'année dans un numéro spécial de «Tout Comme Vous». |
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Actes: Si l'on en croit les statistiques, une personne sur cent souffrirait de schizophrénie, ce qui ferait, pour le seul canton de Vaud, quelque 6'000 patients. Ce nombre peut être multiplié par quatre personnes, en ce qui concerne les proches de ces malades, et l'on obtient ainsi 24'000 Vaudoises et Vaudois concernés par la schizophrénie. Mais qu'est-ce que la schizophrénie? Ne pas penser comme tout le monde, entendre des voix, voir les murs bouger et les arbres se transformer en soldats, est-ce une maladie? Lorsqu'on a fait une décompensation schizophrénique,
sommes-nous schizophrène pour le restant de la vie? Que
penser des neuroleptiques, y a-t-il d'autres traitements? Sont-ils
aussi efficaces? Parents, est-ce de notre faute si notre enfant
délire? Quelle est la cause de cette maladie: l'éducation,
l'hérédité, une atteinte biologique? Vous êtes invités, patients, proches, étudiants, professionnels du domaine de la santé à faire une pause et partager avec nous les réflexions, les témoignages, les expériences de personnes compétentes, qui savent transmettre leur savoir à un public varié, spécialisé ou non dans les questions psychiatriques. Par ces informations, nous souhaitons ouvrir de nouvelles portes pour lutter ensemble contre cette maladie et découvrir de nouvelles pistes pour mieux vivre. Madeleine Pont Au programme «La schizophrénie en questions», Dr Charles Bonsack, psychiatre, médecin associé, hôpital de Cery, Lausanne. «La psychose débutante», Dr Marco Merlo, médecin associé, Belle-Idée, Genève. «Le point sur la recherche biologique en matière de schizophrénie», Kim Q. Do Cuenod, Dr en sciences, Laboratoire des neurosciences psychiatriques, site de Cery, Lausanne. «Le traitement de la schizophrénie», Dr Eric Bonvin, psychiatre, chef de clinique adjoint hôpital de Cery, Lausanne. «Les groupes d'entraide», témoignages de patients et de proches. «Une lumière au coeur de la nuit?», Christiane Singer, écrivain français. «Le déni: entre respect de la volonté du patient et nécessité de soin, un dilemme pour les proches et les soignants», Mathias Serero, psychologue, directeur de l'Institut Maïeutique. «S'en sortir - Gestion autonome de la médication de l'âme», Luc Vigneault, agent de formation AGIDD-SMQ (Ass. des groupes d'intervention en défense de droits en santé mentale du Québec. «Groupes pour patients et pour proches», Cynthia Audenis, Claudia Brogli, assistantes sociales, Roland Philippoz, infirmier, Catherine Reymond Wolfer, infirmière, DUPA, section E. Minkowski, Lausanne. «Famille et schizophrénie», programmes psychoéducatifs dans le canton de Neuchâtel, Bernard Grossenbacher, infirmier-chef adjoint et Marie-José Guidet, ICUS adjointe, Clinique psychiatrique de Perreux. «Traitements psychiatriques forcés, droit suisse, législations romandes, droits de l'homme», Luc Pont, juriste, GRAAP, Lausanne. «L'isolement et la contention, situation juridique et réalités psychiatriques au Québec», Mario Bousques, coordinateur AGIDD-SMQ, Montréal. «Soigner sans violence, une alternative au traitement forcé», Anne Bourrith, Hélène Domergue, Jean-Philippe Faure, formatrices et formateur en communication non violente, Bôle, Neuchâtel. Chaque intervention a été suivie de questions des participants. «24-Heures», vendredi 26 mai 2000 Henri-Charles
Tauxe, chroniqueur culturel Lorsque vous essayez de comprendre ce mammifère passionnant et bizarre qu'est l'être humain, un grand bonheur vous vient dès le moment où le cloisonnement des savoirs et des pratiques commence à être dépassé. En particulier dans ce domaine à la fois central et terriblement confus où l'on retrouve des concepts aussi obscurs que surutilisés, la «folie» et la «normalité». Très belle expérience, donc, que le colloque organisé récemment, au Casino de Montbenon, par le GRAAP sur le thème de la schizophrénie. Pendant deux jours, psychiatres, professionnels de la santé, assistants sociaux, personnes directement concernées ont pu échanger leurs expériences, dans un esprit d'interdisciplinarité et d'ouverture qui permet d'entrevoir une transformation positive de nos modes d'agir et de penser. «L'avenir de la prise en charge des patients psychiques reste à faire» Comme l'a rappelé très justement une spécialiste de l'investigation scientifique, Kim Q. Do Cuenod, si l'on sait aujourd'hui que les facteurs de risque sont accrus par des défauts dans la transmission des médiateurs chimiques (Henri Laborit l'avait déjà souligné à propos de la dopamine), de nombreuses recherches seront encore nécessaires pour que la neurobiologie des psychoses puisse être adéquatement cernée. Chef de clinique à Cery, le Dr Eric Bonvin a insisté pour sa part sur la complexité d'une telle maladie, dont les causes profondes sont encore mal connues. Il met en évidence l'importance du suivi à long terme, spécialement en ce qui concerne le soutien psychothérapeutique. L'utilisation de neuroleptiques s'avère bien entendu, dans nombre de cas, des plus utiles, mais l'on ne saurait parler de «remèdes miracles». Lors des discussions et témoignages, orchestrés par Mme Madeleine Pont avec une souriante humanité, nous avons pu entrevoir les situations difficiles - liées à l'exclusion, à la non-compréhension, aux cassures de violence - auxquelles se trouvent confrontées les familles, qui sont souvent les nids et les victimes de ces graves perturbations. D'où l'importance de tous les réseaux d'accompagnement, avec la nécessité de l'information, dont les proches sont trop souvent privés. Le Canadien Luc Vignault, très actif au Québec dans la défense des droits en santé mentale, a rappelé qu'il faut toujours voir une personne, et non une «maladie», chez celui qui souffre. Parmi les dilemmes pour les proches et soignants, Mathias
Serero a mis en évidence le refus du souffrant d'accepter
la réalité de sa maladie. Cette défense
par la négation (déjà mise en évidence
par Freud) renvoie à une interrogation délicate:
peut-on soigner quelqu'un contre sa volonté? Comme le
rappelle le directeur de l'Institut maïeutique, il n'y a
pas de recette ni de solution toute faite, l'avenir de la prise
en charge des patients psychiques reste à faire, l'essentiel
étant de marcher aux côtés de celui qui souffre,
sur le chemin qu'il suit. En écoutant la très belle
intervention de l'écrivain Christiane Singer, une intuition
s'est confirmée, qui m'habite depuis longtemps: et si
le «fou» ne recherchait pas à sa manière
ce que notre société a écarté (voire
bousillé) depuis longtemps, à savoir nos profondeurs
perdues, la double face du réel (je serais tenté
de dire le «surréel»), la naissance-mort,
la nuit-lumière, ce fameux «certain point de l'esprit»
cher à André Breton?... Très beau point
d'orgue, avec la présentation, par trois animateurs de
Bôle, de la «communication non violente». Il
s'agit d'une démarche inspirée par un ouvrage du
psychologue américain Marshall B. Rosenberg, «Les
mots sont des fenêtres (ou des murs)»3, qui met en
évidence l'importance primordiale de l'empathie, du non-jugement,
de l'écoute avec le coeur dans la restauration de liens
non agressifs entre les humains. |
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| Mardi 16 mai |
| 9h | Intermède musical Allocutions de bienvenue Nelly Perey, présidente, GRAAP Jean-Jacques Schilt, Syndic de Lausanne |
| 9h30 | La schizophrénie
en questions Dr Charles Bonsack, psychiatre, médecin associé, hôpital de Cery, Lausanne |
| 10h15 | Questions des participants |
| 10h30 | Pause |
| 11h | La psychose
débutante Dr Marco Merlo, médecin associé, Belle-Idée, Genève |
| 11h45 | Questions des participants |
| 12h | Repas |
| 13h30 | Le point
sur la recherche biologique en matière de schizophrénie Kim Q. Do Cuenod, Dr en sciences, Laboratoire des neurosciences psychiatriques, site de Cery, Lausanne |
| 14h15 | Questions des participants |
| 14h30 | Le traitement
de la schizophrénie Dr Eric Bonvin, psychiatre, chef de clinique adjoint hôpital de Cery, Lausanne |
| 15h15 | Questions des participants |
| 15h30 | Pause |
| 16h00 | Les groupes
d'entraide Témoignages de patients et de proches |
| 16h30 | Une lumière
au coeur de la nuit? Christiane Singer, écrivain français, auteur, entre autres, de: «Du bon usage des crises», chez Albin Michel |
| 17h15 | Questions des participants |
| 17h30 | Apéritif de clôture de la première journée |
| Mercredi 17 mai |
| 6 juin 2000/ib - 25 avril 2006 / rj |