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Les personnes qui souffrent de difficultés psychiques, telles
que la dépression, les troubles alimentaires, sont souvent sujettes à
des remarques, des conseils, des critiques de la part de leurs proches
parents ou de leurs voisins. Ceux-ci, souvent bien intentionnés,
augmentent les difficultés des malades par ces attitudes inadéquates.
Imaginez l'effet thérapeutique sur Evelyne, lorsqu'elle a reçu la
lettre ci-dessous:
Chère Evelyne,
J'ai reçu ta petite lettre et je suis surprise que tu t'inquiètes pour
moi. Je vais très bien, ce qui n'est pas le cas pour toi. Comment
veux-tu que je vienne te voir, tu es toujours malade ou en vacances!
La seule chose que tu as à faire, c'est manger pour redevenir normale,
ta vie tourne là autour, vas-tu perdre encore beaucoup de temps? Tout
le monde te prend en charge, elle te plaît bien cette vie, tu vas vivre
comme cela jusqu'à quand? Cela ne m'étonne pas que les assurances
maladie augmentent de 300% par année.
N'as-tu pas de volonté, ne vas-tu pas te sortir de cette facilité? Tu
es à deux doigts de vivre une vie d'adulte, comment vas-tu faire, quel
genre de femme vas-tu être?
Et moi, je suis quoi pour toi? Tu ne peux pas aller au restaurant, tu
n'aimes pas l'avion, il n'y a rien d'intéressant, si c'est pour aller
au cinéma, tu peux regarder la télévision. N'as-tu pas compris que
j'attends de toi que tu redeviennes une fille normale, que tes amies en
auront bientôt marre de toi, tu seras bientôt seule avec ta famille qui
continuera de te porter comme un fardeau, un boulet.
La vie est dure pour tout le monde, elle le sera toujours plus pour
toi, si tu ne te ressaisis pas, si tu n'es même pas capable de manger;
c'est ton seul et unique effort, alors que tout le monde est bourré de
souci.
Je suis désolée Evelyne, je t'aimais bien mais tant que tu ne changes
pas, tant que tu n'es pas capable de faire un effort pour sortir de
l'état où tu t'es mise, je n'ai plus envie de te voir, toutes tes
histoires d'écologie, de fourrure de ces pauvres bêtes, elles, elles
offrent leurs peaux, elles ont quelque chose à donner, tandis que toi,
tu prends du temps (qui est de l'argent) à tout le monde. C'est tout.
Si tu as une étincelle de bon sens, tu changeras et je serai de nouveau
prête à te voir, sinon, il y a des quantités de jeunes qui ont
souffert, qui triment, qui n'ont même pas à manger, qui méritent que
l'on s'occupe d'eux.
Je suis très dure, mais dans la vie on ne m'a jamais fait de cadeaux
comme à toi, à presque ton âge, 17 ans et demi, je venais à Genève avec
100 francs en poche et ma chambre payée pour trois mois et c'est tout,
j'ai beaucoup travaillé et encore aujourd'hui. Affectueusement.
Marité, qui t'aime vraiment
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