«Pour être effectivement déprimé, il suffit que cette part de retrait,
de repli, d'inhibition, de tristesse l'emporte, devienne plus importante,
dépasse 51% par exemple.»

Dépression

Dr Christian Monney, psychiatre, directeur adjoint des Institutions psychiatriques du Valais romand http://www.ipvr.ch
intervenant au Congrès du GRAAP du 18 mars 1999 «La dépression - Maladie du siècle? Une étape dans le développement de la personne»

 


Maladie ou exagération d'un processus naturel
Même le cristal parfait contient en son sein des lignes de scissions possibles
Un moment pour entreprendre et un moment pour se ressourcer
La dépression a des origines diverses
Les symptômes
Les femmes plus touchées que les hommes

 

Schizophrénie et dépression,
deux mondes très différents

Hippocrate évoque déjà la dépression lorsqu'il parle de la bile noire, comme origine de cette maladie de l'humeur, ce qui illustre bien le côté invasif et fluide de ce trouble qui s'insinue de l'intérieur-même de notre être, pour diffuser non seulement dans la psyché, dans la pensée, dans les émotions, mais également dans le corps avec toutes les manifestations que nous verrons tout à l'heure. Cette invasion par «quelque chose», la bile noire, illustre bien cette impuissance qu'il y a à résister à cet envahissement, à faire front à cette humeur, sous-entendu ce fluide, quasiment ici un terme hormonal, diffusant contre le gré de la personne, s'insinuant, défaisant, délitant l'être tout entier. Le terme de mélancolie, longtemps utilisé par la suite, est bien issu de cette origine-là, bile noire, et a ensuite teinté des siècles d'histoire de la psychiatrie.

Ma deuxième touche historique, et ce sera la dernière, parce que je ne veux pas vous lasser avec de vieilles histoires, concerne un événement, à mes yeux majeur, qui est la distinction introduite par Kraeplin, entre la démence précoce d'une part et la psychose maniaco-dépressive de l'autre. Par cette mise en polarité, entre la démence précoce, terme qui englobait à l'origine ce que nous nommerions aujourd'hui le spectre de la schizophrénie et la psychose maniaco-dépressive représentée par ce que nous appelons aujourd'hui les troubles bipolaires, nous assistons à la première tentative réussie de classification en psychiatrie et c'est également le moment où l'on parle pour la première fois de dépression.

Pourquoi classification réussie ? Parce que ces deux domaines, pourtant très inhomogènes dans leur contenu, ont une différence fondamentale: la démence précoce et ses dérivés, si vous me passez l'expression, sans aller dans le détail des symptômes et des troubles qui la composent, mais que vous connaissez bien puisqu'il s'agit de ceux du spectre de la schizophrénie, ont tous en commun de déclencher chez la personne qui en est touchée, un bouleversement, une sorte de cataclysme intérieur tel qu'on en ressort toujours transformé après le premier épisode, transformé dans le sens d'une modification de l'appréhension de la réalité, de la perception de soi ou des relations avec autrui, modifications pas toujours du reste négatives, ou destructrices, mais on en sort changé, différent de ce que l'on était avant. De l'autre côté, dans le champ des psychoses maniaco-dépressives, la maladie, lorsqu'elle se déclare, que ce soit par une explosion maniaque ou par un naufrage dépressif, ne laisse ensuite aucune trace lorsque l'orage disparaît. La personne se retrouve telle qu'elle était auparavant, une fois les troubles disparus. Cette distinction me paraît extrêmement importante parce qu'elle nous permet de séparer effectivement ces deux mondes très différents de la schizophrénie et de la dépression.

Même si le sujet de cette journée est celui de la dépression, cette incursion dans le champ des schizophrénies me paraissait utile pour une autre raison encore. En effet, dans le langage courant, vous aurez tous remarqué la confusion qui existe chez le citoyen moyen lorsqu'on parle de dépression. Même si ce terme évoque pour beaucoup de personne une maladie de l'humeur, pour bien d'autres, elle est synonyme de toute maladie mentale.

Maladie ou exagération d'un processus naturel

Il me semble même, et c'est là une réflexion issue de mon enfance, qu'il était monnaie courante de traiter de «fou» toute personne hospitalisée en milieu psychiatrique, quelle qu'en soit la raison. Ce sont des personnes concernées ou leurs proches qui réduisaient toute maladie mentale au terme de dépression. C'était moins lourd à porter probablement, mais cela a induit une classification bien particulière puisque la définition des troubles était différente en fonction du regard qu'on portait: le «fou» étant l'Autre, mais lorsque je suis malade ou qu'un de mes proches est concerné, je suis simplement déprimé. Vous l'aurez bien compris, nous ne nous intéresserons pas ici à ce type de classification-là. Mais on peut tout de même se poser la question: pourquoi cette distinction? Je me demande si cela n'a pas à faire dans le fond avec un doute qui subsiste en chacun de nous encore concernant l'essence-même de la dépression, c'est-à-dire de savoir s'il s'agit réellement d'une maladie ou d'une exagération d'un processus naturel.

Revenons pour cela au modèle de la psychose maniaco-dépressive, maladie décrite au départ comme une exagération des variabilités naturelles de l'humeur du côté de l'euphorie ou de la tristesse comme si la labilité émotionnelle et affective de chacun d'entre nous, tolérable dans certaines limites, se transformait en psychose maniaco-dépressive lorsque ces limites justement sont dépassées. Mais alors où est la limite? Eventuellement qui la définit? Vu sous cet angle-là, nous serions alors tous des maniaco-dépressifs en puissance

Depuis le XVIIIe siècle, époque du début des classifications dans le champ de la médecine en général, comme du reste dans la botanique, on s'est mis à décrire les syndromes, les maladies et à les cataloguer, en fait, comme dans un catalogue de timbres-poste. La maladie devenait objet des recherches et observations et, en principe, chaque case dans le catalogue aurait dû obtenir une réponse thérapeutique pour soulager les souffrances qui y étaient liées. Il y avait ainsi nettement et clairement une distinction entre le normal et le pathologique, l'observateur, psychiatre compris, étant considéré comme normal alors que l'objet des préoccupations et des observations était de l'autre côté de la barrière dans le pathologique. Les camps étaient clairement établis. Haut de page

Même le cristal parfait contient en son sein
des lignes de scissions possibles

Le modèle que nous apporte la psychose maniaco-dépressive est évidemment différent. Il illustre un continuum, avec une absence de ligne de fracture entre le normal et le pathologique. La pathologie se met à exister lorsque certaines limites sont dépassées. Et pour comprendre comment ces limites sont dépassées, nous devons faire référence à Freud et à l'image du cristal qu'il a apportée.

Un cristal de roche aussi pur et limpide soit-il, aussi parfait semble-t-il, être, a toujours en son sein des failles ultra-microscopiques, des lignes de scissions possibles dont l'axe et l'orientation sont imprévisibles à l'_il nu, même si éventuellement elles sont modélisables d'un point de vue mathématique, qui font que, soumis à un choc, ce cristal se brisera selon certaines lignes de fractures qui étaient en quelque sorte préétablies. Il ne partira jamais en miettes, il ne s'effritera jamais complètement, à moins de le passer sous le marteau pilon, mais sous un choc ce cristal se partagera en plusieurs morceaux. C'est le modèle de la vulnérabilité personnelle, chacun d'entre nous est un cristal et j'aurais envie de dire un cristal parfait, mais le cristal parfait, justement par sa perfection, contient en son sein ces lignes de scissions possibles. Chacun étant un cristal différent, chacun aura donc aussi des lignes de scissions différentes qui aboutiront au sens large à des possibilités de ruptures différentes, donc également hors du champ de la dépression, voire de la psychiatrie. Haut de page

Un moment pour entreprendre
et un moment pour se ressourcer

Avant de parler plus de la dépression, il me paraît tout de même utile d'être au clair sur ce que c'est que l'absence de dépression, c'est-à-dire ce sentiment de bien-être, et d'arriver à le définir un petit mieux que ce que nous avons vu jusqu'ici par l'image du cristal et du modèle de la psychose maniaco-dépressive. Nous comprenons mieux d'abord que cet état de bien-être est quelque chose de dynamique, ce n'est pas un état figé, une fois pour toute, comme semble le laisser supposer le cristal, non, c'est un équilibre, équilibre entre des tendances internes que nous avons tous, tendances opposées entre l'énergie, le «Stimung», l'élan vital, l'envie positive d'avancer, de progresser et d'un autre côté des mouvements de repli, de besoins de se ressourcer, de se recroqueviller, avec effectivement parfois des mouvements de tristesse, de dépit.

Les personnes parmi vous qui sont familières de l'énergétique chinoise auront du reste reconnu les deux polarités du yin et du yang. Le bien-être psychique est donc un équilibre parfait oscillant dans des limites qu'on pourrait appeler raisonnables comme les plateaux d'une balance entre ces deux polarités alternant d'un moment à l'autre et au fil du temps, de la journée, des saisons. Un moment pour être gai, un moment pour être triste; un moment pour foncer, pour être dynamique, pour entreprendre et un moment pour se ressourcer, pour penser, pour réfléchir.

N'oublions pas ensuite, et même si j'ai évoqué par l'image du cristal que nous a apportée Freud, un modèle quelque peu statique, que le père de la psychanalyse a au contraire introduit par la théorie de la psycho-dynamique, la notion des mises en tension internes entre pulsions contradictoires, jeu essentiel permettant les choix et de nous déterminer dans l'existence. De ces lignes de tension, également, peuvent éclore des conflits qui seront à l'origine de mal-être, de déséquilibres qui peuvent aboutir à des dépressions.
A cet égard, je trouve tout de même utile de rappeler que c'est le privilège de la condition humaine que d'être confronté à ce type de conflits internes, qui peuvent aboutir à la dépression. Cette forme de dépression est dès lors par essence exclusivement humaine. C'est peut-être bien là l'origine de la définition de la dépression comme maladie de l'âme.

A la différence de ce que l'on a trop longtemps cru, le bien-être n'est donc pas une absence totale de tristesse, de repli ou d'inhibition.

Pour être effectivement déprimé, il suffit donc que cette part de retrait, de repli, d'inhibition, de tristesse l'emporte, devienne plus importante, dépasse 51% par exemple. La marge est donc faible, mais nous ne sommes pas encore là dans un état maladif. Nous ne sommes pour l'instant qu'à une humeur labile, avec une tristesse exagérée. C'est le critère de la durée, ou plus précisément que des modifications, des altérations durent au minimum plus de quinze jours qui nous font entrer dans le champ de la dépression, comme maladie.

Qu'on le veuille ou non, la santé et l'équilibre psychique passent par un fonctionnement cérébral sain. Ce fonctionnement est conditionné par un savant équilibre au niveau biochimique entre les neurotransmetteurs, sorte d'hormones cérébrales qui assurent le maintien de l'équilibre en gérant les flux de manière subtile entre les différentes régions du cerveau. Pour ce qui concerne l'humeur, c'est surtout l'équilibre des échanges de la sérotonine qui est concernée. Dans la dépression, il s'est avéré que les échanges de cette substance entre les différentes régions du cerveau sont perturbées. Il s'agit d'une observation, de savoir si c'est la cause de la dépression est une autre question. Haut de page

La dépression a des origines diverses

Au-delà de ces considérations biochimiques, la dépression recouvre en fait une multitude d'affections d'origines et d'évolutions différentes, même si l'expression des troubles est souvent semblable.

Grosso modo, on peut distinguer deux grandes catégories de dépressions, d'un côté, celles qui ont une origine organique et de l'autre celles qui ont une origine psychologique.

Dans la première catégorie, il faut ranger les dépressions qui apparaissent comme conséquence d'une maladie somatique, ceci pour des raisons justement organiques ou biochimiques. Ce sont les dépressions les plus rares, et elles touchent autant les hommes que les femmes. Elles peuvent apparaître dans le contexte de maladies de la thyroïde, après des infarctus du myocarde, dans certaines maladies neurologiques, comme la sclérose en plaques, dans le cadre de syndromes dégénératifs, de maladies rhumatismales chroniques, de certains cancers, etc. Dans le cadre de certains déséquilibres hormonaux, on peut voir également apparaître des dépressions, c'est ce qui peut apparaître par exemple également après la période du baby-blues, après un accouchement, avec l'installation dans une faible proportion de cas d'épisodes dépressifs plus graves liés en partie également, mais pas seulement, aux rééquilibrages hormonaux. De nombreuses femmes sont du reste gênées par des troubles de l'humeur qui sont tout à fait synchrones avec leur rythme menstruel sans qu'on ait à parler là de réelles dépressions dans la majorité des cas.

Des dépressions peuvent aussi apparaître pour des raisons toxiques, par l'usage de certains types de médicaments, mais également de l'alcool.

Avec les raisons psychologiques de faire une dépression, nous sommes davantage dans le modèle du cristal dont nous avons parlé tout à l'heure, ceci en rapport avec des périodes plus ou moins vulnérables au cours de la vie liées tant à des raisons internes développementales qu'externes: tolérance au stress par exemple. Toutes les tensions intérieures trop fortes, les conflits entre différentes aspirations peuvent potentiellement conduire à une fracture de ce cristal qui se traduira par une dépression. Tous les stresseurs extérieurs sont potentiellement des chocs ou des pressions suffisantes pour nous faire «craquer» également. Les plus importants sont les deuils, les pertes d'un être cher, mais également d'autres formes de pertes, par exemple d'un travail, d'un idéal, etc.

Où les choses se compliquent quelque peu, c'est lorsqu'il y a des mélanges à différents niveaux, par exemple la situation d'une maladie somatique chronique douloureuse, elle-même potentiellement génératrice de dépression à laquelle s'associent des stress externes ou des deuils, on voit dès lors bien que les risques de développer un état dépressif augmentent alors. Pourtant on sait bien que nous ne sommes pas tous égaux devant la dépression, rappelons-nous à cet égard l'image du cristal, et que la fissure n'aura peut-être pas forcément des conséquences dans le champ de la dépression.

En l'état actuel des classifications, il existe une gradation allant d'un épisode dépressif aux troubles dépressifs majeurs. Haut de page

Les symptômes


Pour que l'on puisse parler d'un épisode dépressif, il faut qu'un certain nombre de symptômes soient présents pendant une période d'une durée minimale de deux semaines et que ces symptômes représentent un changement manifeste et durable par rapport au fonctionnement antérieur.

Les symptômes cardinaux sont au nombre de trois: l'humeur dépressive, qui doit être pratiquement présente toute la journée, signalée par le patient sous forme de tristesse ou de sentiments de vide, ou observée par l'entourage: présence de pleurs ou de replis. Les deux autres symptômes cardinaux sont la perte de l'intérêt, marquée pour toutes ou presque toutes les activités habituelles tout au long de la journée et presque tous les jours ainsi que la perte du plaisir.

Un des trois symptômes cardinaux doit être présent pour qu'on puisse poser le diagnostic associé avec l'un ou l'autre des symptômes suivants dont la présence n'est pas régulière : perte ou prise de poids significative, ceci en l'absence de régime ou de modifications du comportement alimentaire particulier, une diminution ou une augmentation de l'appétit sur la même durée. On notera également des troubles du rythme nycthéméral avec des insomnies, de toute nature, éventuellement des hypersomnies. Agitations ou ralentissement psychomoteur, non seulement constatés par les autres ou limités à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur; fatigue, perte d'énergie, sentiments de dévalorisation, voire de culpabilité excessive ou inap-propriée, allant jusqu'à des idées délirantes. Diminution de l'aptitude à penser, difficultés à se concentrer, impossibilité de prendre des décisions, de faire des choix. Idées noires, pensées de mort récurrentes, idées suicidaires avec des ruminations suicidaires allant jusqu'à l'élaboration de plans précis, aboutissant malheureusement à des tentatives de suicide qui sont finalement les complications les plus graves de la dépression.

On parlera de troubles dépressifs majeurs lorsque les symptômes sont les plus graves et qu'ils durent le plus longtemps, ceci jusqu'à plusieurs mois. Haut de page



Les femmes plus touchées
que les hommes

D'un point de vue épidémiologique, les femmes sont touchées deux fois plus que les hommes selon les données statistiques. Le risque pour une femme de développer un trouble dépressif majeur tout au long de la vie est de 10% à 25%, alors que pour les hommes il est de 5% à 12%. La composante familiale est également importante puisque ce trouble est de 1,5 à 3 fois plus fréquent chez les parents biologiques du premier degré des sujets souffrant de ce trouble que dans la population générale.

Les conséquences immédiates de ces symptômes sont une souffrance morale très importante accompagnée rapidement d'un repli social, d'un retrait de toutes les activités et d'un isolement affectif avec des difficultés de plus en plus importantes à établir le contact. La volonté est comme fusillée. Dès lors cela ne sert à rien de «secouer» les patients déprimés et dans cette phase de progression de la maladie (voir schéma) c'est l'attention et les soins qui sont les plus importants. Un entourage bienveillant est indispensable pour restituer un minimum de sentiments de sécurité jusqu'à ce que les traitements soient efficaces. Ce n'est que dans la courbe remontante, dès le moment où la réponse aux traitements se fait sentir, qu'il est possible à nouveau de stimuler quelque peu le patient déprimé, de l'accompagner ainsi de manière active dans la restauration de ses fonctions mentales tant cognitives qu'affectives pour lui redonner courage et espoir.

Rappelons qu'il faut quelques semaines pour tomber en dépression, dépression qui va ensuite envahir l'être tout entier pour le retirer du monde et le faire souffrir pendant une période de plusieurs semaines. C'est la période de la dépression aiguë qui est la plus lourde tant pour le patient que pour son entourage proche. Il est extrêmement important dans cette période que les proches également soient soutenus pour pouvoir tolérer cette phase tellement délicate de la maladie pendant laquelle aucun traitement ne semble avoir d'effet. Pourtant l'accent thérapeutique bien conduit est déjà efficace, même si les effets ne sont pas encore visibles. Il ne faut donc pas perdre espoir, pouvoir accepter de se battre ensemble, patients, proches et thérapeutes pour vaincre ce fléau et sortir du trou.

Je suis persuadé que plus on se sert les coudes dans cette phase délicate et plus on a de chance de sortir du premier épisode dépressif avec le maximum de chances qu'il n'y ait pas de rechutes. On sait malheureusement que plus les symptômes de la dépression durent et sont sévères, plus les risques de chronification ou de rechutes ultérieures sont fréquents, de même que le cercle vicieux des rechutes s'étant engagés, leur fréquence augmente également. Il est dès lors vital qu'une information et un soutien précoces soient apportés tant aux patients qu'à leurs proches pour donner le maximum possible de chances à une guérison rapide et durable, en se rappelant qu'il faut beaucoup de patience et de courage dans ces situations-là. C'est pourquoi il était tellement important qu'un tel sujet soit abordé dans le cadre d'un congrès du GRAAP.

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