L'éthique au service
de l'homme


Bas de page
 

Georges Favez,
aumônier des prisons,
Aubonne

Eh bien bonjour, Mesdames et Messieurs.
Madeleine Pont, qui a l'art des beaux titres, a donné à la conférence que je vais vous faire un titre en effet impressionnant: «Une éthique au service de l'homme». Alors je m'empresse de vous dire tout de suite que je ne suis pas un éthicien. Les éthiciens sont des gens très savants, très instruits, très nuancés, très intelligents, naturellement comme tous les gens très savants, très instruits, très intelligents, il leur arrive comme à vous et moi de dire ou faire des bêtises, mais je n'aurai pas la prétention de marcher dans leurs plates-bandes. Cela dit, puisque je suis aumônier de prison, je suis quelqu'un qui, tous les jours, a affaire à ces notions que sont le bien et le mal, à la morale et, au fond, c'est de cela que traite l'éthique.

 

Recouvrir une mauvaise action
sous les oripeaux
de l'éthique et de la morale

En essayant de réfléchir un petit peu en vue de cet après-midi, j'ai d'abord été saisi par un sentiment d'accablement en me rappelant quelque chose que vous connaissez déjà toutes et tous, c'est-à-dire le nombre d'horreurs qu'on a commises dans l'Histoire sous prétexte de faire le bien, d'apporter le bien. Je ne vous ferai pas la liste de ces horreurs, mais vous savez que, par exemple, pour le bien des âmes on a pratiqué des sacrifices humains, on a pratiqué joyeusement des bûchers, on a pratiqué, on pratique encore aujourd'hui, au nom du bien des âmes, le meurtre et le terrorisme, que cela soit dans cette caricature d'islam qu'est l'islamisme ou dans cette caricature de christianisme qu'est ce qui se passe actuellement encore en Irlande entre catholiques et protestants.

Et quand ce ne sont pas les religions qui, sous prétexte de créer le bien engendrent des horreurs, eh bien c'est l'Etat ou ce sont des idéologies laïques. Vous savez aussi tout ce qu'on a réussi à commettre au nom, par exemple, d'un très bel idéal qu'est la révolution ou la société sans classe, vous connaissez les goulags et les camps de travail, vous connaissez la terreur, vous savez ce qu'on a pu réaliser au nom de principes extraordinairement élevés qu'était par exemple la grande révolution prolétarienne de Mao Tsé-toung. Vous savez ce qu'a fait Pol Pot pour réaliser le bien au milieu de son peuple et le nombre de cadavres qu'il a accumulés et puis vous savez ce qu'a fait le nazisme, vous savez aussi ce qui est en train de se passer sous prétexte de nationalisme, de purification ethnique dans l'ex-Yougoslavie.

Tout le temps dans l'Histoire, on arrive à ce résultat tragique, c'est qu'en voulant faire le bien des hommes, en voulant leur donner des préceptes et des principes on en arrive à des choses épouvantables. Et puis heureusement nous nous n'en sommes pas là, on constate quand même actuellement que notre société est atteinte de plus en plus par un certain nombre d'idéologies qui engendrent des malheurs et des détresses considérables. Vous savez bien ce que peut créer la fameuse globalisation, vous savez bien ce qu'entraîne la mondialisation et vous connaissez certainement mieux que moi les détresses sans nombre de ceux qui aujourd'hui se sentent dépassés, qui sont exclus et qui souffrent du formidable remue-ménage qui bouleverse nos sociétés occidentales. Et c'est peut-être dans ce cadre-là qu'on peut situer le sujet qui vous mobilise aujourd'hui et sur lequel j'entrerai relativement peu, c'est en effet au nom de la rationalité économique qu'on en arrive à ces situations où, faute de personnel en suffisance, on en vient à attacher les gens dans les EMS et on envisage aussi d'attacher des patients dans des hôpitaux psychiatriques. Alors là j'aimerai cesser de jouer au théoricien et laisser sortir un cri du coeur, en espérant que ce cri du coeur ait tout de même sa dose de raison.

Mesdames et Messieurs, en prison je vois tous les jours des gens qui ont commis des choses mauvaises. Parmi ces gens, il y en a vraiment beaucoup qui assument courageusement ce qu'ils ont fait. Ils savent que c'est mal, ils l'ont fait, ils le reconnaissent et ils sont prêts à en payer le prix. Moi j'aime bien cette attitude-là. En revanche, ce que je n'aime vraiment pas, c'est qu'on essaie de recouvrir une mauvaise action sous les oripeaux de l'éthique ou de la morale et qu'on en arrive, par exemple, à essayer de nous faire croire que c'est bien ou que ce serait bien d'attacher des patients dans des hôpitaux psychiatriques. Je le dis comme je le ressens et comme je le pense, au nom de l'expérience qui est la mienne. Haut de page

 

En prison, nous n'attachons pas les gens

Je n'ai pas l'expérience des cliniques psychiatriques, en revanche, depuis environ quinze ans que je travaille en prison, vous pensez bien que j'en ai vu des hommes qui avaient été attachés puisque, dans le cadre de son travail, la police est souvent obligée d'immobiliser et d'attacher des captifs. J'ai donc l'occasion de parler avec ces hommes qui ont été attachés, qui savent ce que c'est que des menottes aux poignets, des menottes dans le dos, des chaînes aux pieds, tout ce qu'on peut imaginer aujourd'hui pour la sécurité, et même si je sais que dans leur cas ces mesures sont souvent indispensables, je sais aussi comment ils décrivent l'expérience qui a été la leur à ce sujet. Je sais ce que cela représente d'humiliation, de rage impuissante, de colère qu'on est obligé de retourner contre soi-même, je sais aussi ce que cela représente d'angoisse que d'être ainsi attaché.

Et, bien sûr, connaissant cela, ayant suffisamment entendu ces plaintes et ces cris de souffrance, je ne peux pas, vraiment pas souhaiter qu'on attache des patients et je ne peux certainement pas dire que si on doit en arriver là, on pourra présenter cet acte comme quelque chose de moralement satisfaisant. En prison, nous n'attachons pas les gens, en tout cas pas encore et j'espère bien que ça ne sera jamais le cas, mais nous avons aussi, c'est vrai, des mesures de contrainte.

L'utilisation des cachots était extrêmement fréquente. C'était devenu au fond une habitude. Quelqu'un dérange, quelqu'un fait du scandale, allez hop, on va le chercher, on le conduit dans son trou, on ferme la porte et on le laisse là un moment plus ou moins long, souvent quelques jours. C'était entré dans les habitudes, cela faisait partie de la routine. Au point qu'on ne se posait plus beaucoup de questions. Et puis heureusement, des gens sont venus qui se sont posé des questions et on a vu une évolution s'opérer dans ce milieu-là. Sous l'impulsion de ceux qui dirigent notre service pénitentiaire et puis, dans le domaine où je travaille, sous l'impulsion très forte d'un directeur de prison qui a décidé de vivre son engagement chrétien dans sa profession aussi, et qui a décidé que pour lui, les notions de respect de la personne humaine, les notions de dignité humaine, c'était des priorités essentielles.

A cause de cela, il a lutté et il lutte encore par tous les moyens qui sont les siens pour qu'on évite le plus possible l'enfermement dans le cachot. Et on constate que ça se passe très bien. Le cachot n'est plus une routine, on n'y enferme de moins en moins souvent des gens, même si on est obligé de l'utiliser encore parfois et puis surtout on a donné au personnel de surveillance des instruments nouveaux, on les a aidés et on continue à les aider à assumer le dialogue avec des prisonniers difficiles, à surmonter les difficultés de ce dialogue et à apprendre peu à peu à réussir par la parole, par la persuasion ce qu'auparavant on confiait au simple exercice de la force et de l'enfermement. Cette manière de faire n'accomplit pas des miracles mais, en tous cas, elle a sérieusement limité les obligations d'enfermer quelqu'un dans un cachot. Alors voyez-vous, je crois quand même savoir que dans les prisons nous avons des gens souvent plus dangereux que ceux qu'on trouve dans les cliniques psychiatriques. Nous en avons même parfois qui sont à la fois des délinquants dangereux et des malades psychiques et dont les cliniques ne veulent pas pour des questions de sécurité. On est bien obligé, en prison, de faire avec et de s'en occuper du mieux qu'on peut. Et puis on constate que là aussi on n'a pas besoin de recourir aussi fréquemment qu'avant à des mesures de contrainte.

Encore un mot qui, à ce sujet, me vient du coeur, mais je crois aussi de la raison, c'est ceci. Pour celui qui prend les mesures de contrainte, ce n'est pas du tout facile. J'ai assez eu l'occasion de parler avec des policiers, avec des surveillants de prison pour savoir que beaucoup d'entre eux supportent très très mal l'obligation qui leur est faite parfois d'employer la force, d'attacher ou de mettre au cachot. Et ces sentiments négatifs, ces sentiments si désagréables à assumer qui sont les leurs dans ces cas-là, je vous assure que c'est parfois extraordinairement spectaculaire. Il m'est arrivé souvent, lorsque quelqu'un devait quand même être mis au cachot, d'aller parler avec lui dans son mitard bien sûr, mais aussi de parler avec les surveillants qui avaient dû l'enfermer. Et chaque fois, je constatais chez les surveillants un malaise, une souffrance qui fait partie hélas de leur métier et qu'ils assument, mais qu'on ne peut décemment imposer ou encourager pour personne. Et là j'ai envie de dire quelque chose aussi au niveau du personnel médical et au niveau des images qu'on s'en fait.

Mesdames et Messieurs, moi je trouve qu'il y a quelque chose de profondément choquant pour le coeur et pour l'esprit dans cette idée d'un médecin, des infirmières, des infirmiers, ceux qui ont à charge de nous aider, de nous soigner, soient en même temps celles et ceux qui enferment. Il y a là quelque chose de tellement choquant que je ne sais pas trop quelle confusion cela pourrait engendrer dans les esprits de ceux qui seraient l'objet de ces mesures et je ne sais pas non plus comment le personnel médical ou le personnel infirmier pourrait vivre ce type de contradiction. Toute leur vocation, toute leur préparation, tout leur travail quotidien les porte à être là pour nous aider, pour nous soigner, pour nous réconforter et souvent, dans le cas des maladies psychiques, pour apaiser nos angoisses... Et puis voilà qu'on aimerait les contraindre à employer la force et à endosser une nouvelle image qui me paraît très très très incompatible de celle qu'ils ont dans notre esprit, dans notre attente, dans l'image que nous nous faisons d'elles et d'eux aujourd'hui.

Alors si on veut en arriver là, qu'on n'appelle pas cela morale. Si on veut faire une éthique au service de l'assainissement des finances, alors qu'on le dise, mais si on veut faire une éthique, une morale au service de l'homme, je crois que ce sera vraiment tout à fait autre chose. Haut de page

 

L'être humain a besoin d'une morale

Une morale au service de l'homme, j'aimerai aussi vous en dire un ou deux mots et vous proposer quelques pistes de réflexion. Tout à l'heure, très vite, j'ai essayé de vous dire ce que vous savez déjà: à quel point la morale mal comprise peut faire souffrir. Cela dit, il est bien clair que nous ne pouvons pas, ni vous ni moi à titre individuel, ni notre société, faire l'impasse sur cette réflexion et nous priver d'une morale. Et là aussi je crois que je suis relativement bien placé comme aumônier de prison pour vous en dire quelques mots. C'est vrai que j'ai vu, que je vois et que je verrai encore des gens qu'une morale mal appliquée a rendu délinquants. Je pense en particulier à des jeunes qui ont été enfermés dans les codes moraux extraordinairement stricts de certains groupes religieux ou de certaines sectes et qui ont tellement souffert de ce carcan que, tout d'un coup, ils ont tout fait exploser. Et ils sont devenus délinquants. Mais je vois tout autant de personnes, et je crois que j'en vois maintenant bien davantage, dont la souffrance ou la délinquance provient justement du fait qu'ils n'ont pas eu de morale, de valeurs, de préceptes. On ne leur a jamais posé de limites. A force d'interdire d'interdire, on est arrivé à une situation où les gosses sont laissés libres, tellement libres qu'ils sont emportés par toutes leurs pulsions, dans tous les sens, jusqu'à ce que cela détermine chez eux des angoisses parfois terribles et puis des excès.

C'est vrai aussi que l'appétit de jouissance personnel et égoïste, le tout tout de suite, on peut le repérer à l'origine de certains délits, je pense en particulier à certains délits sexuels et à ces situations où des filles où des garçons très jeunes sont utilisés comme objets - pas comme êtres humains - pour satisfaire les pulsions d'un malade. Je pense aussi à ces filles et ces garçons qui connaissent l'abandon très tôt parce que leurs parents sont mobilisés entièrement par leur soucis de se réaliser personnellement, voire professionnellement. Cela conduit dans certains cas à l'abandon des enfants, l'abandon affectif sinon matériel, et cela aussi entraîne des dérives. Bref, moi je suis persuadé et je crois que ce n'est pas très difficile, que l'être humain a besoin de valeurs, l'être humain a besoin d'une morale, d'une part pour pouvoir vivre dans une communauté sans trop de heurts avec les autres, d'autre part pour pouvoir grandir, affronter ses désirs et ses pulsions intérieures et puis réussir à harmoniser sa personnalité et à en faire quelque chose d'harmonieux. L'homme a besoin d'une morale, le problème c'est qu'on ne sait pas très bien souvent comment en parler de cette morale ni comment l'enseigner. Là aussi j'aimerais vous donner, et ce sera ma conclusion, quelques petites pistes de réflexion.

Je me laisse personnellement beaucoup guider par une parole du Christ qui a dit un jour: "Ce n'est pas l'homme qui est fait pour le sabbat, c'est le sabbat qui est fait pour l'homme." On peut appliquer cela à la morale. L'enseignement de la morale, ça n'est pas essayer de faire entrer quelqu'un dans la boîte préfabriquée et rigide de certains principes en coupant tout ce qui dépasse. On a essayé de le faire souvent et on a vu les résultats: les mutilations, les souffrances que cela entraîne. Le vrai travail, en ce qui concerne la morale, c'est de bien la situer en rappelant d'abord qu'elle est nécessaire à notre bonheur à toutes et à tous. Et je dirais à notre bonheur déjà ici et maintenant. Ça ne suffit pas de dire aux gens: "Respecte des principes moraux, souffre beaucoup en les appliquant, si possible, et puis un jour plus tard, à cause de cela ou grâce à cela, tu iras au paradis." On a fait assez de mal avec ça. Non je crois que l'enseignement moral, c'est de pouvoir montrer et dire à quelqu'un que l'acquisition de valeurs, l'acquisition de certains principes, c'est quelque chose qui contribue déjà dans cette vie-ci à notre équilibre et à notre bonheur. Et pour cela bien sûr, il s'agit de proposer et non pas d'imposer.

Juste en passant, moi je trouve inquiétant l'élan actuel de certains groupuscules ou groupes plus importants à vouloir imposer une morale à tout le monde, ce qui se passe au niveau de l'avortement, ce qui se passe aussi avec ces groupes politiques soi-disant inspirés par la Bible qui voudraient nous imposer des préceptes moraux à grands coups d'articles de loi. Je crois que ça c'est vraiment quelque chose qui va à fin contraire. Il ne s'agit pas du tout de cela. Il s'agit de proposer, il s'agit de parler, il s'agit d'expliquer. Je le vois tout le temps. J'étais ce matin avec un dealer, un vendeur d'ecstasy qui trouvait très bien ce qu'il fait et qu'il ne comprenait pas pourquoi la justice n'était pas d'accord. Ce n'était pas un mauvais type, c'était simplement quelqu'un qui manquait d'informations. Il manquait d'informations sur le produit qu'il vend, sur les conséquences possibles de ses actes et il manquait aussi d'informations, parce qu'il ne voulait pas trop voir, sur ses vrais mobiles personnels. La morale avec un garçon comme celui-là, et je crois avec tout le monde, ce n'est pas de lui donner des préceptes du genre: "Tu ne dois pas." "Tu as fait tout faux." C'est de lui donner une image plus complète de la réalité, de la situation, de lui-même aussi. C'est de l'informer. C'est cela je crois une des pistes qui concerne la morale. Et puis une autre piste c'est d'avoir en tête une certaine idée de l'être humain et je terminerai par cela. Haut de page

 

L'être humain est en marche

Moi je n'aime pas qu'on calomnie l'être humain. Je n'aime pas qu'on dise qu'il ne vaut rien, pas grand-chose. Je n'aime pas que sous prétexte de réalisme, on le traite n'importe comment. Et c'est malheureusement souvent ce que fait notre époque. C'est vrai que les êtres humains sont capables du pire et nous le savons tous. Mais c'est vrai aussi que les êtres humains sont capables du meilleur. Et ce que j'aurais envie de proposer à propos de notre réflexion sur la morale, c'est que justement nous sachions regarder l'autre, notamment les enfants et les adolescents, avec ce regard à la fois réaliste - on sait bien comment ils sont et ce qui les menace - mais en même temps un regard plein d'espérance: l'être humain n'est pas, il devient. L'être humain est en marche, il est en mouvement, il avance. Et je crois là aussi qu'à propos de la morale il y a un point essentiel: savoir saisir les êtres là où ils en sont dans leur évolution. C'est vrai que je ne vais pas laisser un petit garçon de 4 ans mettre ses doigts dans la prise électrique. Et je ne vais pas non plus lui fournir beaucoup d'explications: c'est dangereux, un point c'est tout, et il n'a pas à y toucher. Mais peut-être que quand ce petit garçon aura grandi, je vais offrir à l'adolescent qu'il sera une boîte de construction électrique ou démonter une prise avec lui. Parce que son évolution permettra une autre approche de la réalité. C'est vrai aussi, à propos de la fameuse morale sexuelle, que je ne vais pas donner le même enseignement à un enfant, à un adolescent ou à un homme adulte. Et je ne vais pas surtout pas attendre le même comportement d'un adolescent ou d'un homme ou d'une femme adulte. Puisque chacun est à un certain stade de son évolution, que toutes ces évolutions sont différentes et qu'il s'agit chaque fois de saisir l'autre là où il en est aujourd'hui.

Concluons par ce que je crois être un message d'espoir. Moi j'ai la conviction et ce n'est pas quelque chose dans le bleu, c'est quelque chose que j'essaie de vivre, j'ai la conviction que notre existence peut être de plus en plus intéressante, de plus en plus vivante au fur et à mesure que nous mûrissons et que nous vieillissons. J'ai la conviction aussi que n'importe quelle vie peut devenir l'occasion de cette expérience-là. Moi, tel que je suis et quelles que soient les circonstances, je suis appelé à grandir intérieurement. Je suis appelé à acquérir peu à peu cette espèce de lumière intérieure qui fait que je me sentirai en accord avec les autres, en accord avec l'univers et en accord surtout avec la destinée, quelque soit la situation dans laquelle je suis plongé. C'est un chemin - comme disait je ne sais plus qui - très peu fréquenté, mais c'est le chemin le plus intéressant. C'est évident que si notre but c'est d'accumuler beaucoup d'argent, il faut essayer et on verra bien ce que ça donne. Si notre but c'est de multiplier les conquêtes amoureuses, il faut essayer, il faut expérimenter et on verra bien ce que ça donne. Et si on voit ce que ça donne et si en même temps on est prêt à en subir les conséquences, on découvrira peut-être que notre vrai bonheur est tout à fait ailleurs. Et on se mettra en marche dans cette direction-là. Et bien je crois que c'est ça la morale: c'est un chemin, une évolution, un processus dans lequel nous sommes toutes et tous engagés plus ou moins loin et dans lequel il s'agit d'engager aussi les enfants ou les adolescents qui nous sont confiés. Je vous remercie beaucoup pour votre patience.