Homéopathie
et médecines énergétiques

 

Qu'en attendre
dans les soins psychiatriques?

 

 

par Michel Henry,
médecin généraliste,
Pully

Comme toute thérapeutique, l'homéopathie et les médecines énergétiques ont leurs indications, leurs limites et leurs contre-indications. Les indications et les limites vont faire l'objet de ce bref exposé. Commençons par les contre-indications, relatives, qui sont essentiellement des restrictions liées aux interférences avec certains médicaments allopathiques qui en empêchent toute action. Si ceux-ci ne peuvent être interrompus, il faut éviter le risque qu'un malade grave, sous traitement neuroleptique suivi, décide d'arrêter brusquement une thérapeutique efficace, courant ainsi le risque d'une aggravation majeure de son affection psychiatrique jusqu'alors correctement stabilisée. Sinon, le mode d'action des thérapeutiques énergétiques ne présente aucune contre-indication, même si les réactions d'adaptation consécutives à un traitement correct s'accompagnent assez souvent de manifestations, parfois spectaculaires mais transitoires, témoignant du changement d'état du malade.

Il est évident que toutes les affections psychiatriques ne répondent pas de la même manière à un traitement homéopathique ou énergétique bien conduit. Sans vouloir énumérer tous les diagnostics possibles, il est indispensable d'établir un résumé, plus que schématique, des grands groupes nosologiques psychiatriques, afin de pouvoir préciser ceux dans lesquels il est possible d'intervenir avec des chances de succès.

Affections psychiatriques principales

Schizophrénie.
Délires et psychoses réactionnelles primaires
et secondaires.
Troubles thymiques - dépressions.
Névroses: paniques, phobies, obsessions, anxiété, hystérie, hypocondrie.
Troubles du développement, de la personnalité,
de l'adaptation: antisociaux, agressifs, dépendants, «Borderline».


Expérimentalement, même entre les mains d'homéopathes chevronnés, les résultats sont généralement nuls, ou très décevants dans les cas de schizophrénie et de délires primaires, surtout lors d'affections durant depuis un certain temps. Il en va tout autrement dans les situations d'apparition récente, et notamment lorsque ce désordre a été provoqué, ou éventuellement déclenché, par un événement aigu, émotionnel, traumatique ou toxique.

Pensons aux effets secondaires de nombreux médicaments allopathiques d'usage plus ou moins courant. Dans les cas où la simple suppression de la drogue incriminée ne suffit pas à retrouver l'équilibre psychique, l'administration d'un remède homéopathique correct, bien souvent d'un isopathique préparé à partir de cette même drogue, amène une guérison spectaculaire, même après un délai parfois très long. Ce résultat peut aussi être obtenu par un procédé appelé biocybernétique, ou MORA-thérapie, qui permet de lever chez un malade les blocages réactionnels induits par une substance «toxique». D'autres cas de psychoses secondaires peuvent également être justifiables d'un traitement «énergétique», mais il faut se souvenir que, comme toute thérapeutique, cette approche nécessite de la part du praticien une formation spécifique et surtout une expérience suffisante.

Les mêmes remarques peuvent s'appliquer aux troubles thymiques et aux dépressions. Dans ce type d'affections, la composante organique (ou plus exactement le vraisemblable trouble biochimique pré-existant) et la composante émotionnelle sont très étroitement intriqués. Il s'ensuit la nécessité de plusieurs régulations successives avant d'arriver à un résultat valable.

C'est indiscutablement dans le domaine des perturbations de l'affectivité, généralement appelés troubles névrotiques, que l'effet des traitements homéopathiques et énergétiques est le plus intéressant. En effet, bien évidemment sur une prédisposition pré-existante, c'est à la suite d'un événement déclenchant que vont se mettre en place toute une série de réactions en cascades aboutissant à un tableau clinique parfois dramatique et bien éloigné de sa cause primaire.

Evolution névrotique

Suite à:
abandon, déception amoureuse, chagrin, humiliation,
mépris, peur, colère (non exprimée), nostalgie,
mauvaise nouvelle, joie excessive

et
traumatisme céphalique,
intoxication: médicaments, narcose, produits toxiques,
vaccinations, maladies «mal terminées».


Bien entendu, une anamnèse fouillée et dirigée est indispensable pour mettre en évidence les relations de causalité possibles entre les différentes phases d'installation du trouble psychiatrique apparent, afin de le rapporter si possible à sa source et de pouvoir le traiter.

Choc émotionnel ou physique
Réaction aiguë: guérison ou chronicité


1. Phase de latence.
2. Phase d'état.
3. Phase de décompensation.
4. Phase chronique: réversible ou irréversible, organisée
et compensations.


Seuls les stades de la maladie correspondant aux phases comprises dans le tableau sont accessibles à une thérapeutique énergétique.

Il faut se souvenir que, quel que soit le dysfonctionnement émotionnel du malade, son comportement est composé de deux aspects opposés: un ensemble de signes provoqués par l'événement causal ou déclenchant, qui souvent le rappellent de près ou de loin, et des manifestations de compensation à son désarroi. En conséquence, à un facteur déclenchant identique, chaque malade, en fonction de sa vulnérabilité et de sa réactivité propres, répond de manière individuelle.

C'est le travail de l'homéopathe et du médecin énergéticien de dégager, aussi précisément que possible, les signes directement liés à l'atteinte primaire (Depuis quand? Quand tout cela a-t-il commencé?) et les symptômes psychiques et physiques qui en sont la conséquence. Leur classification, leur hiérarchisation judicieuse, basée sur une anamnèse très détaillée, doivent permettre de déterminer: la maladie, l'événement étiologique, la réactivité personnelle du patient et ses modalités réactionnelles. Un travail soigneux de répertorisation permet alors d'identifier, parmi les centaines de remèdes homéopathiques à disposition, celui qui correspond le plus parfaitement à l'état global du malade à un moment donné. (Ce remède s'appelle le simillimum, c'est-à-dire celui qui, lors des expérimentations, a provoqué chez un sujet sain un tableau clinique incluant aussi bien les symptômes mentaux que fonctionnels et organiques, correspondant le plus parfaitement possible à l'état du malade.)

L'emploi d'un ohmmètre, éventuellement d'un appareillage plus sophistiqué, vient ensuite vérifier le bien-fondé du raisonnement du praticien (tous ne le font pas), l'adéquation du remède identifié à l'état de son malade à un moment donné, et la dynamisation qu'il convient de mettre en oeuvre.

En effet, les remèdes homéopathiques en basses dynamisations, exprimées en C.H. (Centésimales Hahnemaniennes, du nom du fondateur de l'homéopathie), qui contiennent encore, bien que très peu, de matière et qui sont en vente libre dans le commerce pour l'automédication, ne peuvent améliorer que des troubles également matériels, organiques.

Si l'on veut toucher des symptômes mentaux, il est indispensable d'avoir recours à de hautes dynamisations, appelées korsakoviennes (du nom de leur inventeur), qui ne contiennent plus de substance active au sens chimique du terme, mais qui dégagent une énergie de rayonnement considérablement supérieure. (Pour s'en convaincre, il suffit de comparer les spectres d'émission respectifs en effet Kirlian.) Leur emploi est beaucoup plus délicat, de par leur spécificité qui augmente en fonction directe de leur degré de dynamisation. En conséquence, il est difficile à tout un chacun de pouvoir travailler de cette manière et l'aide d'une personne bien formée et expérimentée, s'appuyant sur un appareillage correctement manipulé, paraît indispensable.

Sans vouloir entrer dans trop de détails, il est intéressant de savoir qu'il existe, très sommairement, quatre grands groupes de remèdes homéopathiques:

1. Des remèdes de phase aiguë, ou de transition, qui donnent au malade la faculté de réagir correctement à une phase donnée de son évolution, de la dominer et de la dépasser. Ceci correspond à ce qu'en psychiatrie, on appelle la «prise de conscience». Une fois celle-ci acquise, tout au moins à un certain niveau, l'évolution du patient peut reprendre jusqu'à la prochaine étape. (Ex: Pulsatilla, Sepia, Ignatia.)

2. Des remèdes de blocage réactionnel acquis, se traduisant au relevé ohmmétrique par l'effondrement de certains points d'acupuncture. Seule dans cette situation la détection et l'administration, à la dynamisation correcte, du remède spécifique (nosode, isopathique de médicament, de vaccin, de maladie incorrectement terminée ou intempestivement supprimée, de miasme), permet de restaurer chez un malade son «intérité réactionnelle». (Ex: Tuberculinum.)

3. Des remèdes d'incapacité réactionnelle profonde s'adressent à des patients qui ne peuvent évoluer pour des raisons endogènes et qui, quels que soient les efforts entrepris, stagnent ou poursuivent inéluctablement une trajectoire pathologique. Ici, le malade a des capacités, mais est incapable de les mettre à profit. (Ex: Graphites, Stannum.)

4. Des remèdes d'effondrement réactionnel, indiqués et indispensables dans les situations où le malade a été «anéanti» (souvent, dans son langage, il nous le dit!) par un événement dont il n'est pas parvenu à se remettre. Ce sont les situations dans lesquelles, au relevé ohmmétrique, tous les points de mesure ou presque sont effondrés. (Cette situation peut être comparée à celle d'une voiture automobile dont la batterie est quasiment «à plat»: plus rien ne fonctionne!) C'est là que l'administration du remède homéopathique spécifique, correctement dynamisé, donne les résultats les plus impressionnants. (Ex: Phosphoric. acid, Opium.)

Cette rapide présentation des possibilités de l'homéopathie et des médecines énergétiques dans les soins psychiatriques est loin d'épuiser le sujet. On peut en retenir pour l'essentiel que, dans de nombreuses situations d'une pratique médicale quotidienne, elles apportent une voie complémentaire (et non pas parallèle) de compréhension et de traitement très intéressante et souvent efficace. C'est surtout dans les troubles dits mineurs, non encore organisés ou fixés, mais souvent précurseurs d'évolutions sérieuses, qu'elles trouvent leurs meilleures indications. Enfin, il est fréquent que, même dans des maladies psychiatriques graves mais pas trop anciennes, elles puissent apporter un effet bénéfique parfois insoupçonné.

Il est par conséquent regrettable que, souvent encore, leur pratique soit refusée ou ignorée, car dans des situations où les résultats sont insatisfaisants, où manifestement personne ne détient le monopole de la vérité, une collaboration entre tous les intervenants devrait aller de soi. Est-il loisible de rêver à une pratique médicale et paramédicale dans laquelle chaque thérapeute, quelles que soient ses connaissances et les moyens qu'il a à disposition, serait conscient de ses limites et accepterait d'intégrer dans sa stratégie thérapeutique, pour le plus grand et unique profit des malades, les apports complémentaires d'autres thérapeutes?

La signification de cette présente réunion est de bon augure, et je souhaite du fond du coeur qu'elle soit le point de départ d'une collaboration fructueuse.

 
Exemples
(< = aggravé par...) (> = amélioré par...)
Pulsatilla
Variabilité de tous les symptômes
Timidité, émotivité, pleurs pour un rien, découragement, mélancolie, irrésolution, anxiété, résignation
Besoin (+++) de consolation
Congestions veineuses et muqueuses
<repos, <chambre fermée, <soirée
>plein air, >mouvement, >applications froides
Sépia
Tristesse, abattement, pessimisme
Indifférence, apathie, taciturnité
Susceptibilité, irritabilité (surtout par les proches)
Besoin de solitude
Opposition avec sa volonté
<air frais, <vent
>chaleur, >mouvement violent
Opium
Torpeur, assoupissement, dépression, prostration
Exaltation de l'idéation, confusion
Insomnie ou hypersomnie
Ralentissement des fonctions organiques
<chaleur, <sommeil, <stimulants
>froid, >air frais,
>mouvement continu
Phosphoric acid
Fatigue cérébrale, apathie, indifférence
Incapacité au travail intellectuel
Pertes de mémoire
Dépression sensorielle
<effort physique et mental, <debout immobile, <le soir et la nuit
>chaleur, >solitude, >tranquillité, >marche douce
Tuberculinum
Morosité. Irritabilité. Susceptibilité
Colères suivies d'épuisement
Mécontentement permanent
Dégoût du travail. Lassitude
Besoin constant de changement
Sensations d'étrangeté
<froid humide, <avant l'orage
<chambre fermée, <debout immobile
>grand air, >dans le vent, >marchant
Rechutes fréquentes des maladies
Graphites
Timidité. Indécision. Irrésolution
Tristesse. Mélancolie. Désespoir
Impressionnabilité. Pleurs pour un rien
Appréhension. Sensation d'être menacé
Horreur du travail
<chaleur, <temps froid humide
<chambre fermée, <la nuit
>au grand air