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Le Dr Bach est né en 1886 à Moseley, un petit
village près de Birmingham, en Angleterre. C'est dans
cette ville qu'il étudia la médecine. Toute sa
vie sera animée par une seule préoccupation, celle
de trouver un moyen simple, efficace et sans douleur pour soulager
l'être humain. En 1936, quand il atteint son but avec ses
préparations florales, il mourut.
Poursuivant sa formation, le Dr Bach se spécialisa en
bactériologie à l'University College de Londres
et obtint ses diplômes en 1912. Devenu assistant bactériologiste,
il découvrit les nosodes, une sorte de vaccin élaboré
à partir de bactéries intestinales. Le «British
Homeopathic Journal» publia régulièrement
ses découvertes et l'efficacité des nosodes fut
reconnue par ses confrères allopathes aussi bien qu'homéopathes.
Le médecin fut ensuite nommé pathologiste et bactériologiste
à l'Hôpital homéopathique de Londres. En
lisant l'«Organon» d'Hahnemann, il constata qu'il
partageait une démarche thérapeutique similaire.
Tout comme son prédécesseur, son intérêt
était centré sur le patient et non sur la maladie.
Travailleur acharné et passionné, le scientifique
consultait dans son cabinet privé, visitait l'hôpital
et passait la nuit dans son laboratoire. Grâce aux relations
étroites qu'il entretenait avec ses patients, il différencia
sept groupes de caractères spécifiques répondant
à sept préparations de nosodes. Les malades appartenant
au même type de tempérament réagissaient
de la même manière ou presque à n'importe
quelle maladie. Par exemple, les inquiets vivaient un rhume,
une ulcération ou un diabète dans l'appréhension,
alors que les impatients s'irritaient d'un eczéma, d'une
tumeur ou d'une grippe. Comment le médecin allait-il les
soigner en tenant compte de ce phénomène?
En 1928, le Dr Bach était persuadé que les fleurs
de la nature pouvaient remplacer les nosodes. Ses expériences
empiriques et intuitives s'imposèrent à ses efforts
analytiques et déductifs. Deux ans plus tard, il abandonna
ses honorables fonctions londoniennes et se rendit dans les campagnes
du pays de Galles. L'histoire raconte qu'il fut dépité
de constater une erreur de bagage. La valise contenant les mortiers
et les pilons nécessaires pour ses futures préparations
n'avait pas suivi le déménagement, mais qu'à
sa place il y avait un colis de chaussures. Cette méprise
s'avéra de première utilité pour ses randonnées
champêtres l'entraînant dans sa nouvelle approche
de la médecine. En effet, il n'aurait plus besoin de ses
anciens outils de travail, mais de bons souliers. Et ceci d'autant
plus qu'il allait passer des années très frugales.
L'élaboration d'une
nouvelle médication
Au cours de pérégrinations, le Dr Bach étudia
les formes et les couleurs des végétaux dans leurs
biotopes. Se fiant à son intuition, il sélectionna
les plantes sauvages imprégnées d'une qualité
énergétique susceptible de guérir le corps
et l'âme. Certains végétaux détenaient
des propriétés médicinales, mais il n'en
fit pas un critère de choix. Il exclut toutes les plantes
toxiques, car il pensait que le mal se soigne par le bien.
Ses capacités réceptrices se développèrent
au fur et à mesure qu'il goûtait aux vibrations
des fleurs. Quand il mettait sur sa langue les gouttes de rosée
déposées sur les pétales, il en éprouvait
l'effet sur ses humeurs du jour et sur son physique. Il devint
ainsi son propre laboratoire.
La récolte des gouttes de rosée était un
travail gigantesque, il adopta une préparation plus pratique.
Il remplit un bol de verre avec de l'eau de source et choisit
des fleurs épanouies qu'il plaça à la surface
de l'eau. Elles restaient exposées quelques heures en
plein soleil sur le terrain de la cueillette. Certaines variétés
de plantes furent préparées par ébullition.
Les fleurs flétries étaient ensuite rendues à
la nature et le précieux liquide conservé avec
de l'alcool de vin. Ce concentré servira de base aux solutions.
Une nouvelle médication était née. Elle
réunissait les quatre éléments pour produire
un remède naturel de grande puissance. Le Dr Bach écrivit:
«La Terre pour nourrir la plante, l'Air dont elle s'alimente,
le soleil ou le Feu pour lui permettre de transmettre sa force
et l'Eau pour réunir et l'enrichir avec ses propriétés
magnétiques et bénéfiques.»
La simplicité de la méthode est d'autant plus déconcertante,
qu'elle est le résultat des recherches d'un médecin
hautement qualifié ayant mis en veilleuse ses compétences
intellectuelles. Il avait l'intime conviction que la connaissance
scientifique n'avancerait que si elle était soutenue par
l'aptitude à sentir et à accepter les évidences
proposées par la nature.
Cette approche de la santé n'est pas nouvelle. Les Asiatiques
et les Orientaux en sont empreints depuis des millénaires.
En Occident, la science s'est éloignée de cette
vérité fondamentale. Pourtant Paracelse connectait
le microcosme au macrocosme et déclarait: «Si l'homme
est un livre, les plantes sont des lettres. Le règne végétal
est l'homme éparpillé dans la Nature.»
La maladie est un signal
d'alarme
La philosophie du Dr Bach se réfère à
la doctrine vitaliste prédominante dans la pensée
scientifique jusqu'au XIXe siècle et qui fut ensuite défendue
par quelques irréductibles, tels Bergson, Reich et Jung.
Aujourd'hui, cette approche est perpétuée par les
partisans de la médecine essentielle et naturelle.
Le Dr Bach était convaincu qu'à l'origine, les
maladies ne sont pas dues à des causes physiques, mais
aux états d'esprit et aux humeurs qui perturbent le bien-être
d'une personne. Quand ces troubles s'installent, ils dérangent
la fonction organique et les tissus du corps. L'indisposition
est un signal d'alarme qui annonce une disharmonie. L'individu
n'est plus en contact avec son Moi supérieur car ses émotions
l'embrouillent et son attitude mentale le désoriente.
L'ego a pris le pouvoir.
Nous sommes tous des émissaires de l'Unité, de
la force d'amour créatrice. Le Dr Bach cite l'exemple
d'un soleil central, dont les rayons d'amour irradient la création.
Les humains, les animaux, les végétaux et les minéraux
sont autant de particules individuelles vivantes et reliées
à la force universelle. Nous appartenons à un Tout.
Nous vibrons à la même énergie.
En prenant conscience de cette relation ou en la sentant, l'homme
tente de vivre à l'écoute de son âme qui
pénètre et agit sur la personnalité. Elle
détient et transmet les suggestions originales et intimes
pour notre cheminement terrestre. La personnalité témoigne
des capacités réceptrices et d'intégration
de l'individu. Alors que l'âme demeure le mystère
cosmique qui nous anime et nous guide.
Quand un être est dérangé par des idées
et des émotions délétères, il reçoit
moins de lumière et sa matérialité s'altère.
Cet écart déstabilise la vitalité individuelle
et le mouvement global. Les conséquences psychiques et
physiques de nos faiblesses nous avertissent que nous nous éloignons
des fréquences émises par notre âme. Nous
manquons alors d'amour.
Beaucoup de questions restent en suspens. La maladie serait-elle
un stimulant pour inciter l'homme à s'intégrer
au mouvement global tendant à la perfection? La méthode
serait plutôt violente en admettant qu'elle émane
d'une force d'amour. L'énergie créatrice est un
mouvement de mort et de renaissance à tous les niveaux.
On peut la comprendre, mais difficilement l'accepter.
Les animaux, les végétaux et les minéraux
ont-ils une âme? En l'admettant, ils en saisissent l'influx
selon un mode de conscience adapté, excluant le raisonnement.
Grandir à son rythme
Le mode de perception des événements que nous
vivons modifie nos humeurs. Le bon sens et l'humour améliorent
nettement le don du bonheur et stimulent l'état d'esprit.
Par contre, lutter contre ses erreurs ou nier les problèmes
est un gaspillage d'énergie. Il est plus sage de développer
les qualités sous-jacentes pour aborder la vie avec courage
et plaisir.
Le niveau social et le degré d'éducation n'influent
pas le processus d'évolution. C'est l'intelligence du
coeur qui aide à grandir. Mais comment savoir si nous
écoutons notre «petite voix» ou si nous sommes
entraînés par la passion et l'illusion? Intervenons-nous
en intrus dans le devenir d'autrui? Le moral et l'état
de santé sont les meilleurs repères. La joie de
vivre et le bien-être sont signes de bonne réceptivité.
La tristesse et le mal-d'être sont indices d'errance.
Soigner une personne selon les préceptes du Dr Bach consiste
à découvrir ses humeurs et sa perception de l'existence
dans la situation présente. Il s'agit ensuite de choisir
les fleurs correspondant à ses états d'âme.
Elles aident, à des niveaux subtils de conscience, à
reprendre contact avec la psyché. Elles incitent à
considérer nos pensées, nos actes et nos émotions
comme autant d'expériences à assimiler pour retrouver
l'harmonie. Nous serons ainsi, à nouveau et pleinement,
alimentés par les vibrations de la force universelle.
Les émotions ancrées profondément dans le
coeur et les états d'esprit malsains se modifient selon
la capacité d'adaptation de la personnalité. Chacun
évolue au rythme de ses prises de conscience et nul n'est
à même d'estimer les étapes franchies par
autrui. L'intimité de l'évolution est secrète.
La maturité n'a rien à voir avec les années.
Les signes de bien-être sont toutefois tangibles, comme
le maintien ou l'amélioration de la santé, la tranquillité
et la satisfaction intérieure.
Les fleurs pondèrent
nos expressions altérées
Dans un court texte intitulé «Guéris-toi
toi-même», le Dr Bach décrit les possibilités
de guérison offertes par trente-huit plantes, classées
en sept groupes d'expressions négatives. Elles ne provoquent
aucun effet secondaire et peuvent être administrées
aux individus de tout âge, aux animaux et aux plantes.
Les fleurs offrent une palette variée et modulable pour
chaque cas, mais un choix limité de six fleurs est conseillé.
Le mélange est toujours compatible, car l'être humain
ne se joue-t-il pas des paradoxes? En effet, il peut être,
par exemple, bouillonnant sur son lieu de travail et complètement
amorphe dans sa vie privée.
Pour panser les bleus à l'âme et harmoniser les
différentes turbulences inhérentes à chacun,
le Dr Bach a classé les fleurs dans les sept groupes suivants:
m Cinq fleurs calment la peur,
au-delà de la vanité pour susciter l'humilité
et retrouver un sentiment de sécurité.
m Six fleurs proposent l'engagement
stimulé par la détermination pour équilibrer
l'instabilité manifestée par l'incertitude.
m Sept fleurs offrent l'éveil
par la présence dans les situations d'absences dues à
l'inconscience révélant le manque d'intérêt
pour le présent.
m Trois fleurs entraînent
l'ouverture soutenue par l'altruisme pour émerger de la
solitude due à l'égoïsme.
m Quatre fleurs déterminent
l'autonomie que la cohérence permet d'exprimer sans l'aversion
provoquée par l'hypersensibilité aux influences.
m Huit fleurs restaurent
la grâce et le courage pour redonner l'espérance
quand certaines ambitions ont échoué dans le désespoir
et l'abattement.
m Cinq fleurs modèrent
le souci excessif du bien-être d'autrui s'imposant par
l'ingérence et la domination, et suggèrent une
approche basée sur la mansuétude et le respect.
Citons l'exemple d'une femme dans la trentaine reçue en
consultation. Elle prend du poids et pleure prostrée chez
elle. Elle est incapable d'aller faire des courses ou de se promener.
Durant un traitement de dix ans, elle a été hospitalisée
à plusieurs reprises et prend toujours des médicaments.
Son fiancé l'avait quittée quelques semaines avant
le mariage alors que robe blanche et appartement étaient
prêts. C'est ce chagrin qui l'a fait craquer. Bien qu'elle
se soit mariée ensuite à un autre homme, elle entretient
toujours une colère noire envers le fuyard et une jalousie
féroce envers la femme qu'il a épousée par
la suite. Un membre de sa famille lui conseille les fleurs de
Bach et l'amène en consultation, son état ne lui
permettant pas d'entreprendre une telle démarche.
Le mélange suivant lui fut remis avec les explications
du choix.
La fleur qui correspond aux peurs connues pour lui redonner le
courage d'affronter le monde extérieur avec sécurité.
Pour rallumer l'espoir de s'en sortir enfin, c'est dans le groupe
des incertitudes que nous trouverons la fleur contre le pessimisme.
La fleur de l'idéal passé aidera la personne à
se détacher et à s'éveiller au présent.
Il s'agit encore de tranquilliser la jalousie et la colère,
et c'est dans le cinquième groupe que s'orientera la sélection.
La fleur calmant les traumatismes servira à dépasser
le choc dont elle sent encore les effets. Une fleur du dernier
groupe consolera ses sentiments d'abandon et d'apitoiement sur
elle-même en équilibrant son côté possessif.
Quelques semaines plus tard, cette jeune femme se réjouissait
des excursions en vélo qu'elle partageait avec sa famille.
Se sentir en accord avec soi-même et autrui en exprimant
sa personnalité est une véritable aventure de liberté
et, au-delà, d'amour. Ce périple de vie est à
envisager avec un solide optimisme et une bonne dose de persévérance.
Egayés par l'humour, nous avons le temps de nous égarer
et de recommencer. Et pour vivre en santé, essayons de
capter la force qui fait pousser les arbres et les fleurs. Pasteur
disait: «Après l'expérience, il faut s'incliner
devant les résultats.» Alors profitons donc des
bienfaits de ces petites fleurs en nous réjouissant de
leurs mystérieuses lumières!
«La guérison par
les fleurs», Dr Edward Bach, Editions Le Courrier du Livre,
Paris.
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